Samedi 9 décembre 1972 6 09 /12 /1972 22:49
 
Ci dessous le scan des quelques pages relatives au parcours d'Eugene dans l'historique du 6e RIC. Je n'en connais pas encore l'auteur. Les passages en caractères gras me paraissent plus particulièrement pertinents.
Les cartes de cette page proviennent de ma collection.

La Chipote
(26 août au 24 septembre 1914)
Le 26, le régiment se rassemble à Saint-Benoît, où des tranchées sont aussitôt creusées sur les hauteurs boisées bordant, 1e village au nord. Vers 16 heures, des troupes d’infanterie en retraite, venant de l’est, traversent Saint-Benoît. Le régiment reçoit l’ordre de s’emparer de la cote 423 (N.-E. du village) et de s’y établir; mais, au moment où ses premières unités s’engageaient dans cette direction, une vive fusillade éclate, partant des maisons à l’est du village, dont les Allemands se sont emparés par surprise. Les 1er et 3e bataillons font face aussitôt, se lancent résolument sur l’adversaire et le poursuivent à la baïonnette jusqu’à la cote 423, où ils s’établissent. Les forces allemandes, qui s’élevaient à une brigade (112° et 142e R. I.), avaient terriblement souffert. Outre de nombreux tués, presque tous à la baïonnette, une cinquantaine de prisonniers restèrent entre nos mains.
 
Les 27 et 28, le régiment reste sur ses positions, soumis à un violent bombardement qui lui cause des pertes sensibles. Le 29, il reçoit l’ordre d’occuper les positions de Larifontaine et, le 31, celles du col de la Chipote, au nord-est de Saint-Benoît. Le 2 septembre une forte colonne allemande, favorisée par le terrain montagneux et la forêt, qui masquent complètement son avance débouche brusquement de la direction de Sainte-Barbe et, après avoir bousculé un bataillon du régiment voisin, essaie d’envelopper le 6e colonial. Le lieutenant-colonel Bordeaux ne dispose à ce moment-là que d’un détachement de 1.100 réservistes à peine encadrés et arrivés le matin même de Lyon. Devant l’imminence du péril, ils sont lancés en avant, et, malgré la fatigue causée par le voyage, réu
ssissent à refouler l’ennemi et à le ramener à ses positions de départ.
 
 

Le Col de la Chipotte

Le 3 septembre, vers 7 heures, l’ennemi reprenait le contact. À partir de 11 heures, l’attaque se fait à coups d’hommes; malgré leurs pertes, les allemands se présentaient par endroits en colonne par quatre devant nos lignes. Le commandant Dussaulx tombe frappé d’une balle au front ; il est remplacé dans son commandement par le capitaine Malafosse, blessé lui-même un quart d’heure après. Vers midi, submergés par le nombre, quelques éléments de tranchées sont enfoncés, les autres, battus d’enfilade et pris à revers, doivent peu à peu être évacués. Les hommes luttèrent tout la journée avec une farouche énergie contre des troupes très supérieures en nombre et sans cesse renouvelées; enfin, après une résistance acharnée dans la soirée, les troupes se replièrent petit à petit en combattant, sans relâche jusqu’au Haut-des-Chênes, où avait lieu un premier ralliement. Le 4 septembre, le régiment est rassemblé dans la région de Larifontaine - ferme Haut des Chênes - où il est soumis à un violent bombardement pendant plusieurs jours.
A ce moment, les conséquences de la victoire de la Marne se font sentir. Le 12 septembre, le régiment avance dans la direction de Raon-L’Etape. Le 13, il est à Thiaville et, le 16, ses avant-postes sont à Pexonne. Le 22, léger engagement sans résultat ; le 23 un nouvel et violent engagement est livré sur tout le front de la brigade sans résultat décisif.
Retiré du front le 25 septembre, le régiment s’embarque à Thaon-les-Vosges pour la Woëvre.
Au cours des combats de La Chipote les pertes du régiment ont été sensibles. Parmi les tués nous relevons les noms suivants
Les capitaines Gros, Guyon-Vernier ; le lieutenant Bon; les sous lieutenants Jaudeau, Lecureux, Le Franc, Demoulin.
Les adjudants Enaud, Gimonet, Sarles; le sergent-major Le Meur, les sergents Delorme, Mougenot, Rebout
Les caporaux Cherpaz, Borgne, Fichet, Guignet, Monnet, les soldats Antonioz, Abbressard, Abjean, Brochard, Bresse, Berthet, Belluard, Busso, Bichon, Bernard, Boissière, Barreaux, Chaucelade, Chadier., Carrot, Chevallier, Clert, Dazaud, Dufresne, Denamiel, Emery, Fougère, Girard, Godillot Geat, Gerente, Guedon, Guillo, Guignon, Gibert, Gagnepain, Gire, Giraud, Gallay, Jigouzo, Jouve, Kerever, Moulin (P.), Moulin (J.)Mallet, Montelimard, Maréchal, Moulins, Millie, Picard, Pignet, Padovani, Pommerole, Pochelon, Pellerin, Perard, Romeuf, Rouchet, Roumignier, Souron, Seguinaud, clairon, Tourton, Thomas, Vivier, Viadaluan, Vigne, Vidaleine, Vidaleur, Voirien, Vernaz, Xavier. .


II — WOEVRE .
[Brigade colonel Marchand (1er bataillon du 27 septembre au 11 novembre 1914; 2° bataillon du 27 septembre au 1° janvier 1915).]
Débarqué à Toul dans la soirée du 26 septembre, le 6e colonial est aussitôt dirigé sur Gironville, où il reçoit l’ordre d’attaquer le village de Loupmont sans délai. Du 27 septembre au 11 octobre, une série d’opérations est menée contre Loupmont.

La rue de Loupmont après la bataille,
les maisons ont été reconstruites depuis quasiment à l'identique
carte postale allemande envoyée en 1915
(n° 77, Verlag Willy Koehler, Metz, coll. auteur)


La rue de Loupmont en 2004
Les maisons sont toujours là...
(cliché E.M.)

A chaque fois, une fusillade intense partant des hauteurs de Le Mont, du village de Loupmont et du bois de Giréchamp enraye la progression et oblige nos troupes à se retrancher à une centaine de mètres du village. C’est le commencement de la guerre de tranchées. Pendant un mois, le régiment occupe ce secteur et l’aménage.  
 

Les gars de l'autre coté de la colline...
(n° 7°, Verlag Willy Koehler, Metz, coll. auteur)
Les attaques de Loupmont avaient coûté au régiment 8 officiers et 569 hommes hors de combat, parmi lesquels nous mentionnons :
Les sergents Joannest, Saint-Hilaire, Odéon, Pinet, Tissot.
Les caporaux Authomani, Bonnez, Boursaud, Clément, Chamot, Dottori, Dujon, Fayolle, Girardot
 
Les soldats Angenieux, Alviset, Bautejac, Bourgeois, Boggio, Bazin. Bessard, Boccala, Berger, Cusin, Chabroux, Cellier, Chardon, Cambourieux, Dumolard, Delfon, Delpoux, Delavaud, Deconche, Dupaz, Dinnier, Fayolle, Franc, Faure, Fontaine, Fageolles, Hall, Jouve, Jacquet, Lambert, Le Dal, Moulin, Morel, Marion, Martin, Mautran, Mugnier, Plouzane, Perret, Paillet, Rey, Richard, Riondet, Roderon, Raynaud, Sihoan, Tocalan, Vigouroux, Vaudray, Vernat, Vialcollet.
Par Zoof - Publié dans : 6eric
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Jeudi 9 décembre 1971 4 09 /12 /1971 14:05
EN CONSTRUCTION 
 
 
Contexte
 
Après la bataille de la Marne, le haut commandement allemand décide de pénétrer les Hauts de Meuse afin de tourner Verdun. Il envoie alors trois corps d'armée vers Saint Mihiel (le Ve Prussien, le IIIe Bavarois et le XIVe Badois). Le 24 septembre, Saint Mihiel est pris par les Bavarois.
 
Le haut commandement français décide alors de transférer certaines des divisions employées dans les Vosges pour contre-attaquer. La 2e brigade coloniale fait partie de ces troupes, au sein de la division Vassart. Voir le site du Chtimiste pour plus de précisions sur la bataille des hauts de Meuse et la Woëvre.
 
Montée au front
 
L'historique du 6e RIC nous apprend que le régiment débarque le 26 au soir à Toul. Il est dirigé immédiatement vers Gironville d'où partent les attaques des positions allemandes, situées vers Apremont et Loupmont.
 
La montée en ligne est longue. On en retrouve une évocation dans les « Carnets de campagnes » écrit par Pierre Michelin, alors commandant à titre provisoire d'un bataillon du 157e R.I. Son bataillon est également débarqué le 26 septembre à Toul mais au petit matin et il décrit alors la marche vers Raulecourt (qui se trouve à une distance de l'ennemi équivalente à celle de Gironville).
La marche est longue. Au milieu du jour la chaleur surprend, il y a des trainards ; dans certaines unités, des hommes s'arrêtent par groupes, contre qui les rangs ordonnés invectivent au passage.
 
Il y a la fatigue, naturellement ; il y a aussi la présence d'un renfort important de classes anciennes qui craignent de se casser.
Pour mémoire, on rappellera que le parcours de Lucéy à Gironville représente à peu-près 20 kilomètres, et qu'il faut encore compter une dizaine de kilomètres entre Gironville et Loupmont.  Le JMO indique que le 1er bataillon du 6e RIC est dirigé à l'attaque de Loupmont à 12h30. Le 6e RIC aura été moins chanceux que le 5e RIC : celui-ci aura une journée ou presque de repos après le train : embarquement le 25 septembre à 23h à Thaon, arrivée à Toul à 6h15, le 26 Cantonnement à Lagney à 10h15 et départ le 27 septembre à 4h pour Gironville, à 9h30, ils sont en route sur Apremont.
 
Imaginons un instant ces soldats du 2e bataillon du 6e RIC, déjà vétérans des durs combats de la Chipotte, usés par l'engagement au col de la Chipotte puis vers Pexonne, ayant pour certains combattus le 22 et le 23, qui doivent maintenant enchainer 30 km de marche pour rejoindre de Brû la  gare de Thaon, un trajet en train d'une douzaine d'heures (2h24 à 15h30 nous dit le JMO) puis marcher environ 19km de Lucey à Gironville avec le carré d'as au dos. L'épisode de la rencontre d'Edouard Deluermoz le prouve, le moral n'est pas élevé, ils ont peur de cette boucherie sans fin.
 
Les voilà donc en ce matin du 27 septembre, en terrain entierement découverts face à des positions naturellement favorables pour les allemands.  Quelle peur devait alors tenir ces pères de famille, réservistes agés de plus de 30 ans, avec une quinzaine d'officier pour commander un régiment ! Mais ils y sont tous montés à l'assaut.
 
Quelle chance avaient-ils ? Le terrain entre Gironville est plat, dégagé et couvert d'étangs et de marais. Les allemands sont retranché à Loupmont, appuyés par leur artillerie sur le Mont, et tiennent le bois de Guéréchamp pour un feu croisé sur les assaillants.
 
On voit sur ce cliché récent Loupmont et derrière, le Mont depuis la route et la côte 253, le départ de l'assaut du 27 septembre, à 1,5km de l'objectif.
 


Loupmont en novembre 2004
Le croisement vers la cote 253

 
 
Sur la carte dite d'état major de Commercy (EM 52), dont un extrait figure ci-dessous, les relévés de niveau montrent que l'on oscille partout entre 239 et 253 du village Gironville, à la route qui mène d'Apremont vers l'Est. Ce sera devant ce point, la cote 253, que le 6e RIC se retrancha à partir du 27 septembre, avance ultime avant la guerre de tranchées.
 
 
Sur cette photo, on voit quelle position redoutable Loupmont et le Mont pouvait constituer, dominant l'ensemble de la plaine d'où attaquaient les français. 
 

Loupmont et le Mont - 1915 ?
in Zwischen Maas und Mosel

 
Le 28 septembre, les allemands contre-attaquent par Apremont. Le JMO et l'historique du 5e RIC montrent que l'offensive débute à l'aube et, vers 6h, les allemands, débouchent par le ravin de Varneville et débordent les tranchées françaises qu'ils prennent à revers. L'attaque est accompagnée d'une intense préparation d'artillerie. Les tranchées françaises du 6e RIC, à la cote 253 sont sous le feu direct de l'artillerie lourde ennemie. Le JMO du 6e RIC ne mentionne pas l'attaque allemande, mais au contaire une nouvelle attaque de trois compagnies du régiment vers 3h du matin sur l'ouest de Loupmont.
 
Faisans partie d'une des compagnies de première ligne (la 7e du 2e bataillon), c'est très probablement  dans les lieux dits actuels du Chêne, des Lochères ou du Breuil qu'Eugène succombera: où exactement ? Dans la tranchée à 200 mètres du village? Quand ? Personne ne le sait plus aujourd'hui à ma connaissance.
 
La lecture des historiques des régiments allemands engagés les 27 et 28 septembre dans le secteur montre que Loupmont était en fait défendu par un dispositif assez léger, une compagnie du 21e régiment d'infanterie bavaroise avec en appui le train d'artillerie du Lieutenant de réserve Toennishen du 10é régiment d'artillerie de campagne bavarois.
 
Le 21e régiment d'infanterie bavarois a fort à faire pour contenir l'assaut de deux régiments français, le 163e RI sur le bois de Géréchamp et la Haute Charrière et le 6e RIC sur Loupmont (l'un au nord/est, l'autre à l'ouest de l'étang de Vargévaux.
 
Le 10e régiment d'artillerie de campagne couvre quant à lui Le Mont (à partir du 28 au matin) et le Montsec et le Gratin.
 
Ces régiments se battaient depuis déjà une dizaine de jour dans la pousée allemande vers Saint Mihiel.
 
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Jeudi 1 janvier 1970 4 01 /01 /1970 01:00
 

La fin d'Emile Dussaulx est assez triste et je voudrais qu'il sorte un peu de l'oubli, lui aussi.

Pour moi, son histoire est partie de là, à la date du 12 septembre des carnets du médecin aide-major Gautier, du 3e bataillon du 163e Régiment d’Infanterie (Merci Eric !)

« Nous sommes passés par Larifontaine criblé de trous d’obus et arrivons à St-Benoît. C’est ici l’image de la guerre dans toute son horreur : des combats acharnés s’y sont livrés. Tout est brûlé, l’église n’existe plus. Ce ne sont que ruines fumantes. Des cadavres carbonisés gisent partout ; l’un d’eux, celui d’un soldat allemand, gît au seuil d’une maison, transpercé par une baïonnette française encore fichée dans le corps. Nous découvrons le cadavre d’un commandant d’infanterie coloniale, abandonné dans une ferme et déjà noir et boursouflé. Le spectacle est hallucinant. Ce désert dans lequel nul n’a pénétré depuis plus de deux jours est peuplé de cadavres »

Hors ce cadavre ne peut être que celui d'Emile Dussaulx. Les historiques de régiment (5e et 6e RIC) nous disent que le seul autre commandant d'infanterie colonial tué à ce moment là est le Commandant Marie Emile Demarque. Mais celui-ci est décédé à l'hopital, comme le montre sa fiche Mémoire des Hommes. Le Commandant Dussaulx est bien mort sur le terrain le 3 septembre 1914, sa fiche le confirme. Il faudra la victoire de la Marne et 9 jours pour qu'on le retrouve...

J'ai depuis recherché ce nom sur internet, et je l'ai retrouvé... grâce à Google, sur le site de l'Harmattan.

Dussaulx était un colonial, un vrai d'Afrique, et qui a écrit de nombreuses lettres du Soudan lorsqu'il était jeune officier. « Œuvre d'un officier inconnu écrivant jour après jour aux siens, sans souci de publication, il laisse percer une sincérité et une spontanéité inhabituelles» dit la notice... C'est un livre passionnant sur la vie quotidienne d'un soldat seul dans un poste éloigné, à 80 kilomêtre du plus proche français, effectuant les tâches administratives les plus variées, luttant contre serpents et maladie et, surtout enviant la gloire de ses camarades à Madagascar.

Il repose désormais non loin de là où il est tombé, à la nécropole nationale "SAINT-BENOIT-LA-CHIPOTTE", tombe N° : 924.

Une rue à Xirocourt (54740), son village, situé à 50km de la Chipotte, porte aujourd'hui son nom.

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Mardi 9 décembre 1969 2 09 /12 /1969 23:00
EN CONSTRUCTION
 
Après la bataille de la Marne, les armées allemandes se repositionnent. Le groupe d’armées von Strantz reçoit la mission d’occuper les hauteurs de la Meuse au sud de Verdun et d'y percer le front français.
 
Le troisième corps d’armée bavarois est assigné à ce groupe d’armée et va servir de fer de lance à l’offensive vers Saint Mihiel.
 
Le 23 septembre, le 21e régiment d’infanterie bavarois (K.B. 21 I.R.) occupe la route entre Loupmont et le Montsec et le bois de Géréchamps. La position s'étend sur six kilomètres, Le IIe bataillon est sur Le Mont et Loupmont. Le IIIe entre Loupmont, Le Montsec et le Bois de Géréchamps. La 7e compagnie occupe Loupmont et enferme tous les hommes dans l'église, à charge pour les femmes de les nourrir (historique du 21e régiment d’infanterie bavarois Erinnerungsblätter deutscher Regimenter, Bayerische Armee, Band 57, par le General Major a. D. Karl Reber, commandant du régiment du 10 septembre 1914 au 5 février 1917, Munich 1929). A gauche le K.B. 14 IR, à droite, sur Apremont, le K.B. 7 I.R.
Le 24, les troupes allemandes bousculent les français et atteignent Saint Mihiel. Renforcé de 5 officiers et de 96 hommes de la réserve, le régiment compte 50 officiers et 1800 hommes.
 
Le 25, ils sont attaqués par une reconnaissance du 20e régiment de chasseurs à cheval, qui perd un officier dans l’affaire.
 
Le 26 le soleil ne dissipe le brouillard que vers 12h. Le régiment subit quelques assauts qu’il repousse.
 
Le lendemain, sous un soleil radieux, dès la pointe du jour, les avant-postes voient se profiler l’attaque des français qui tentent d’avancer en se dissimulant comme ils peuvent dans le terrain découvert. Le feu du régiment les repousse vers Bouconville. Le régiment fait des prisonniers qui appartiennent au 163e régiment d’infanterie, à peine débarqué de Toul, dont un capitaine de Nice (Marcel Pagnol fut incorporé à ce régiment en décembre 1914). Le résumé de l'historique montre l'étendue des pertes françaises
Le 26 septembre, le Régiment attaque au sud de Raulencourt. Après quatre jours de combats d'une extrême violence, où il perd 600 hommes et 15 officiers, il atteint le Bois de Gerechamp, et s'installe à la lisière sud. Il a progressé de six kilomètres.
L’attaque se renouvelle vers midi, probablement cette fois avec le 6e RIC attaquant sur Loupmont. Le 21e régiment retranché à la lisière du bois, essuie le feu des shrapnells et grenades, mais tient bon. Les pertes sont sévères dans le IIIe bataillon notamment.
 
Le 28, le régiment, cette fois-ci appuyé de l’artillerie, repousse les attaques contre Le Mont. L'effort est terrible, comme en témoignent les pages 63 à 65 de l'historique du K.B. 10. F.A.R., (Erinnerungsblätter deutscher Regimenter, Bayerische Armee, Band 81, par l'Oberleutnant a. D. Georg Kalb, commandant du régiment entre 1917 et 1918, Munich, 1934)traduites ci-dessous (difficilement...). J'invite les germanophones à consulter le texte original et à me faire part de leurs suggestions.
 
Le train Toennieshen gagne une mention particulière pour ce jour-là et les précédents.
 
Du 28 septembre au 2 octobre, le train fut assigné à la 8ème compagnie du courageux capitaine Kohlmann du 21ème régiment d’infanterie. Cette compagnie occupait de ses faibles forces le village de Loupmont et subissait de fortes attaques de l’ennemi depuis le secteur de l’Etang de Vargévaux. Le train Toennieshen devait lui assurer un soutien d'artillerie et pour ce faire, se positionner sur la pente raide au nord-ouest de la place. La manière dont cette position a été installée doit être soulignée. La forêt dense et le manque de route carrossable à travers Le Mont ne permettaient pas de hisser les canons par les crêtes de la montagne. Aussi devait-on utiliser la route au sud passant par endroits devant la position de notre propre infanterie. Dès que l’obscurité fut tombée, le train partit de Varneville pour le dangereux voyage. Les hommes avançaient à coté des canons le révolver au poing, s’attendant à chaque instant à tomber sur une patrouille ennemie qui aurait pu sans effort abattre les attelages. Toutefois, après une marche sans incident le train arriva à Loupmont. Alors commença pour le Lieutenant Toennieshen et ses deux canons un épisode brillant de soutien d'infanterie.
 
De sa position dans un verger au dessus du village, dans une pente si raide que les canons devaient être attachés aux arbres derrière eux pour ne pas glisser au bas de la pente, il su d’une part obtenir une tel effet sur les tranchées ennemies et les positions d’artillerie fonctionnant la nuit, que l'adversaire ajustait bientôt ses tentatives d'attaque contre le village et, avec le jour, les hauteurs. D’autre part, il réussit à protéger son matériel et ses hommes du feu ennemi grâce au changement régulier de position des canons et un retrait a propos des pièces sous le proche couvert, tout en restant disposé à l’action. Ainsi, le train Toennishen était l'appui et le [Bertrauen] aux faibles forces de la compagnie du courageux Kohlmann, malgré toute l’étendue du secteur. Mais [Bertrauen um Betrauen] et le train tint aussi inébranlable dans sa position car le bois infranchissable interdisait tout retour à travers la montagne et aussi car quand les Français lancèrent encore de furieuses attaques de nuit contre la mince ligne du 21e et percèrent par l’effet de leur courage vers les canons qui leur faisaient tant de mal, alors que résonnait tout prêt du verger la voix de leurs chefs " En avant ! Montez là haut, prenez les canons!" et "Vous n'avez pas de courage ! Prenez les canons ! ", le capitaine Kohlmann rassemblait ses derniers 20 hommes et voix criait d’une voix perçante dans la nuit "Premier bataillon à droite, 7e et 8e compagnies. à gauche, marche, marche, hourra!" et rejettait à nouveau l'adversaire du village.
 
Dans cette fraternité d’armes, les deux petits détachements d’infanterie et d’artillerie ont monté la garde sur Le Mont.  Quand dans la nuit du 2 au 3 octobre, le train Toennieshen s’en est reparti par le même chemin que celui par lequel il était arrivé, entre amis et ennemis pour rejoindre sa section, il avait la joyeuse conviction d'avoir réalisé brillament le devoir des artilleurs, c’est-à-dire un infaillible soutien à l’infanterie. Il emportait vers son régiment les mots de vif remerciement des officiers et des soldats de la compagnie Kohlmann.
 
Le train du lieutenant Toennieshen n’enregistra que quatre blessés pendant la durée de son engagement malgré le feu violent, presque constant, jour et nuit, de l'artillerie et de l'infanterie ennemie. C'était aussi l’œuvre du médecin supérieur Dr. Reinmoeller, de la section II./10, qui est intervenu depuis les crêtes de Le Mont et, avec ses hommes, a permis le retrait des blessé du feu.
 
Du train Toennieshen se sont particulièrement distingué par leur comportement courageux à côté de leur brillant chef Einj. Uffz. Maner et Leon, Uffz. Schwarzbed, Gefr. Haffner et Huettel, Kanonier Pongratz et Stein et conducteur Brather, tous de la 4ème batterie.
 

Le départ vers le front du KB 10 FAR d'Erlangen en 1914
in Erlangen und seine Garnison 1868-1918 par Diethard Hennig
On voit au premier plan un train d'artillerie.
Le cavalier à l'arrière plan, indiqué par une croix, est le Capitaine Ernst Rinecker, commandant la 5e batterie, décédé le 10 octobre 1914 des suites d'une blessure à la tête
reçue le 1er octobre 1914 dans l'après midi lors de la préparation
d'une attaque française sur Loupmont

L'historique du 21e régiment témoigne même d'une certaine sympathie pour les soldats français tombant par dizaine devant leurs lignes. Il cite même (page 54) un prisonnier du 6e RIC qui témoigne en ces termes : 
Wir sind erst am 27. aus den Vogesen hierhergekommen, müssten angestrengt marschieren und bekamen zwei Tage nichts zu essen. Fast alle unsere activen Offiziere sind gefallen.
 
Nous sommes arrivés ici des Vosges le 27 et avons dû marcher immédiatement, sans avoir rien mangé depuis deux jours. Presque tous nos officiers d'active sont tombés.
L'historique indique en outre que les assauts français échouèrent à 600 mètres de Loupmont.
 

Les positions françaises vue depuis l'ouest du Mont
in Die Geschischte des K.B. 6 Feldartillerie Regiments par Heinz Uhl, Thüringen 1931
On voit très bien sur ce dessin la première partie de la zone découverte que les français on du traverser pour attaquer Loupmont (qui est masqué et serait à gauche)

 
Plus d'information sur le lieutenant Toennishen ici
 
Le capitaine Kohlmann du 21e ne survécût pas à cette bataille, succombant le 7 octobre 1914 à Bois Brulé. Il repose désormais au cimetière de Saint Mihiel.
 
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Dimanche 9 décembre 1917 7 09 /12 /1917 16:27
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